Est-ce que l’IA nous rend cons ?
Aujourd’hui, l’IA est partout, on a fait un vrai bond en avant depuis la sortie de Chatgpt en 2022, on l’utilise dans nos applications de téléphones, comme service client, assistants, et même psychologues ou confidents pour certains. Le développement web ou mobile ne fait pas exception, il suffit d’ouvrir son Linkedin ou Twitter pour être inondés de projets faits à partir d’IA ou contenant de l’IA. C’est un fait, c’est LE sujet qui revient en boucle « comment je suis devenu meilleur grâce à l’IA », « comment j’ai vibe codé cette application en 1 semaine »…
Grâce à tous les outils mis en ligne, on peut presque tout faire avec l’IA : coder des tests unitaires, faire de la documentation, effectuer une migration de version d’un langage, expliquer du code « legacy »… Je suis persuadée que dans pas si longtemps, on l’utilisera aussi pour plier notre linge ou faire du café. La question qui revient souvent (et pas que des boomers) est celle-ci : devient-on des assistés sans cervelle à force de l’utiliser ?
Attention, cet article n’a pas pour but de diaboliser l’IA comme c’est souvent le cas dès qu’une nouvelle techno sort, mais juste d’apporter des pistes de réflexion sur son utilisation de manière intelligente.
Le vrai risque : arrêter de réfléchir ?
J’ai commencé un nouveau projet récemment client récemment ou je fais une migration Angular d’une application, vous allez me dire « oui on s’en fou un peu de tes histoires, quel est le rapport ? ». Je me suis rendue compte de quelque chose, là ou avant, j’aurai pris le temps de noter sur une feuille les étapes de cette migration, les éléments à ne pas oublier… Instinctivement, j’ai eu envie de demander a Github copilot de me faire une feuille de route en incluant les bonnes pratiques.
La ou avant on lisait la documentation, on testait, on cherchait, on comprenait vraiment le problème, la tentation est forte de demander, copie-coller et de tester si cela fonctionne correctement. Alors, oui, c’est vrai que quand tout fonctionne bien, on gagne un temps non-négligeable, mais au final, on n’a pas vraiment réfléchi ni forcément compris non plus ce que l’on a fait.
Et c’est à mon sens le vrai problème, parce qu’à force de ne plus avoir à réfléchir, on finit par en perdre la capacité.
L’illusion de compétence
L’IA peut donner l’impression qu’on sait faire quelque chose.
Par exemple, on peut demander à son assistant IA de faire un pipeline Giltab pour notre projet et cela sera fait en quelques secondes, on va le tester, le lire et se dire qu’on a compris et qu’on sait maintenant faire un pipeline. Cependant, la plupart des cas, c’est une illusion.
Imaginez que l’IA, pour une raison ou une autre ne fonctionne plus (oui, c’est très peu probable, mais imaginez quand même.). Seriez-vous capable de continuer de travailler sur votre projet, application de vous-même ? Si votre pipeline passe en échec ou que vous devez l’améliorer en ajoutant des étapes plus complexes, vous vous rendrez très vite compte que ce n’est finalement pas si facile et qu’en fait vous n’avez pas compris la logique derrière… Et là ça devient compliqué.
L’IA est un multiplicateur, pas un cerveau
Pour moi, l’IA fonctionne comme des produits dopants (Mais en toute légalité… En-tout-cas pour le moment). C’est un outil qui te sert, accélère les tâches, c’est un peu comme des stéroïdes pour ton cerveau, il serait dommage de ne pas l’utiliser quand on voit tout ce que cela peut apporter… Mais ça ne peut pas et ne doit pas le remplacer.
Voici quelques règles que j’essaie de suivre de mon côté quand je dois travailler :
- Toujours comprendre le code généré.
- Utiliser l’IA comme un assistant, pas comme un pilote automatique.
- Demander des explications, en profiter pour apprendre ce que je ne sais pas (tant qu’à faire).
Conclusion
Est-ce que l’IA rend les développeurs plus bêtes ? Non.
Cependant, elle peut rendre paresseux si on l’utilise mal.
Je pense que comme tout outils, il n’est ni bon ni mauvais, tout dépend de ce que l’on en fait et de comment on s’en sert. Il peut être un véritable tremplin
Il est important de se rappeler qu’elle peut aider dans ce genre de cas :
- écrire du boilerplate,
- générer des scripts,
- expliquer une erreur obscure,
- écrire des tests.
Mais qu’elle ne remplace pas :
- la compréhension,
- l’architecture,
- le debugging.


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